Carnets du LARHRA

Typologies architecturales et cultures urbaines a Melbourne : pour une géographie renouvelée du bâti

Louise Dorignon

Le paysage urbain de Melbourne (Australie) est marqué par un fort éclectisme dans sa structure et sa morphologie. La généalogie des constructions architecturales explique en partie ce caractère hétéroclite du bâti : la grande variété dans les styles, les inspirations et les usages du bâti révèle en effet une histoire urbaine profondément imprégnée de la circulation d’hommes et avec eux de modèles urbanistiques et architecturaux. La mise en lumière de ces typologies architecturales permet de revenir sur les processus d’hybridation des formes et des usages du bâti par des cultures urbaines locales et des groupes sociaux formés par les vagues d’immigration successives. Empruntant aux outils de l’historien, du géographe et de l’architecte, cet article propose des pistes pour analyser les relations entre les typologies architecturales et les pratiques du bâti par différents groupes sociaux dans Melbourne.

Melbourne's urban landscape is strikingly eclectic in its structure and morphology. This is due, in part, to its genealogy: the various styles, inspirations for, and uses of its built environment reveal an urban history profoundly marked by the flows of inhabitants and alongside them, planning and architectural models. One thing that highlighting these architectural typologies—and their chronological overlaps—allows us to do is approach the hybridisation of the built environment with reference to local cultures and social groups and the ways in which it has been informed by successive immigration waves. Drawing on the tools of the historian, the geographer, and the architect, this article suggests ways of analysing the relationships between the architectural typologies and the practices of Melbourne’s various social groups.

1Melbourne est souvent considérée comme une ville jeune , mais la juxtaposition de bâtiments et de styles architecturaux extrêmement variés dans chacun de ses quartiers évoque des archives urbaines prolifiques. À échelle humaine, on peut observer dans Melbourne des montages est souvent considérée comme une ville jeune1, mais la juxtaposition de bâtiments et de styles architecturaux extrêmement variés dans chacun de ses quartiers évoque des archives urbaines prolifiques. À échelle humaine, on peut observer dans Melbourne des montages inattendus : dans le Central Business District (CBD), les façades néo-gothiques côtoient les volumes imposants des gratte-ciel récemment construits ; à l’Est et au Sud, les villas d’architectes des quartiers les plus aisés succèdent aux maisons victoriennes en enfilades des espaces anciennement ouvriers ; au Nord, les lignes, couleurs et matériaux typiques des décennies industrielles font l’objet de réhabilitations et les anciennes manufactures sont aménagées en habitats collectifs de haut standing ou en espaces de convivialité. À l’échelle de la ville, divers plans urbains apparaissent et exemplifient des modèles urbanistiques aux traditions variées, du plan orthogonal2 de Hoddle dans l’hyper-centre au dessin lâche et sinueux des quartiers pavillonnaires à l’américaine.

2Cette morphologie apparemment hétéroclite, tant dans son apparence que dans sa généalogie et ses multiples origines géographiques, renvoie aux étapes successives de la croissance et du développement rapide de Melbourne en lien avec l’histoire de l’immigration. Néanmoins, les différentes typologies architecturales présentes dans Melbourne ne doivent pas uniquement être analysées en tant que résultante d’une construction coloniale et migratoire du pays qui en aurait fait un simple réceptacle de modèles architecturaux européens, asiatiques ou américains, issus des circulations humaines et idéelles. Les usages et les regards citadins sur l’architecture à Melbourne, du bâtiment au quartier, peuvent non seulement nous renseigner sur les valeurs passées et présentes de la société urbaine locale mais également constituer une entrée méthodologique nouvelle pour l’étude des pratiques socio-spatiales par les cultures urbaines. Une fois pensé, conçu, construit et aménagé, le bâtiment est habité, et ce dans son sens large, c’est-à-dire approprié, pratiqué et transformé par des usages et des représentations multiples (ill. 1). Parallèlement, l’étude des sources architecturales fournies par le bâti à Melbourne s’avère d’une grande richesse dans un contexte national où une véritable demande sociale d’histoire se manifeste3, et où la construction d’un patrimoine proprement australien se pose, en lien avec le débat sur l’identité du pays (« Australianness »).

Ill. 1 : Façade extérieure d’un restaurant à Fitzroy : la valorisation touristique d’une identité grecque à Melbourne

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Cliché auteur, 2010

3La prise en compte du bâti et de l’architecture comme donnée de terrain ou comme source historique suscite un certain nombre de questions, d’abord sur le contenu du savoir qu’elles peuvent délivrer et ensuite sur la façon dont on peut mener ces recherches. Le contexte urbain spécifique à la ville de Melbourne constitue une première problématique : dans quels buts politiques et sociaux les différents modèles architecturaux ont-ils été convoqués ? Quels sont les usages, pratiques et les appropriations du bâti à Melbourne ? Que nous apprennent-t-ils sur l’histoire sociale et culturelle de la ville ? Dans un contexte architectural caractérisé par des constructions récentes, la prise en considération du bâti peut constituer une entrée efficace pour comprendre la fabrique de l’urbanité propre à Melbourne mais aussi la façon dont différentes cultures urbaines ont pu se développer et cohabiter en relation avec leur environnement physique, en l’occurrence architectural. La seconde problématique porte sur la méthodologie que l’on peut déployer dans le cadre de ces recherches : par l’examen des bâtiments, des modes constructifs, des édifices, des projets réalisés (ou non) et de leur évolution dans le temps, quelles typologies architecturales peut-on établir dans Melbourne ? Ces typologies rendent compte entre autres de la diversité dans les structures et l’implantation du bâti : peuvent-elles alors servir de cadre à une étude des rituels sociaux, des pratiques spatiales et des modes de vies qui se développent autour et au sein des bâtiments ?

4Cet article présente l’état des connaissances en géographie sur les sources architecturales et propose une base de travail exploratoire ainsi que des pistes pour l’étude de certains bâtiments à Melbourne en relation avec leurs pratiques socio-spatiales. Pour cela, on considère d’abord les enjeux de l’architecture comme une donnée de terrain dans le contexte urbain australien : quels concepts et méthodes d’analyses sont opératoires pour l’analyse du bâti à Melbourne et de quelle littérature dispose-t-on pour conduire ces recherches ? Dans un second temps, on peut identifier et critiquer différentes typologies architecturales présentes dans Melbourne en lien avec les modèles selon lesquels les bâtiments ont été pensés, mais surtout en fonction de leurs pratiques et de leur utilisation par différents groupes sociaux. L’architecture dans Melbourne est à l’origine de représentations et d’usages multiples, changeants et parfois opposés. Cet article appelle à une géographie plus fine des bâtiments et de la façon dont, en tant qu’espaces à proprement parler, ils sont habités, négociés, expérimentés et contestés chaque jour par les citadins.

Enjeux, concepts et méthodes d’analyse du bâti à Melbourne 

Géographie et architecture : enjeux et renouvellement des approches

5L’étude de l’architecture en géographie s’est développée à partir d’un corpus essentiellement nord-américain et notamment issu de la géographie culturelle et radicale4. Avec les transformations rapides des villes sous la pression démographique et l’irruption de nouvelles formes architecturales tentant de freiner l’étalement urbain, les géographes ont pensé différentes approches pour étudier l’espace du bâti, ses territoires mais aussi ses représentations et ses acteurs. Épistémologiquement, ces travaux se sont organisés autour de trois démarches : l’étude de bâtiments vernaculaires par la géographie culturelle, la critique radicale des impératifs politiques et économiques sous-jacents à certaines formes architecturales ainsi qu’à leurs discours, et plus récemment les analyses des pratiques, de l’affect et de la matérialité des bâtiments en lien avec les sciences cognitives et la non-representational theory.

6Si l’on considère avec Peter Kraflt l’architecture comme « la création de bâtiments individuels par des architectes diplômés et identifiés d’un côté et des ouvriers peu qualifiés de l’autre »5, la dimension spatiale des bâtiments et leur capacité à créer des territoires singuliers dans la ville ressort, mais aussi la singularité de chaque bâtiment dans son territoire. La prise en compte du bâti et de son rôle dans l’organisation des socialités et des spatialités n’est pas neuve cependant. Les travaux portant sur l’architecture se sont très tôt intéressés à l’ancrage des bâtiments dans des territoires à toutes les échelles, cherchant à replacer le développement d’un style dans des circulations architecturales globales, analysant le contexte national et les impératifs politiques ou économiques dans lesquels le bâti s’est inscrit, tentant de comprendre la relation des bâtiments à leur environnement immédiat. Le fait que les bâtiments soient, depuis leur matérialité jusqu’à leur caractère symbolique, l’élément constitutif des villes leur confère une place de choix dans le rapport que les citadins entretiennent avec la ville. Chaque jour, les groupes sociaux habitent et font l’expérience du bâti, s’y déplacent, les contemplent ou les ignorent, tentent de les éviter ou au contraire d’y être enfin admis. Cette relation fondamentale aux bâtiments permet d’affirmer qu’ils incarnent « l’acte même de la fabrique des lieux »6.

7Au sein de la tradition vidalienne en France ou de l’école de Berkeley aux États-Unis, l’architecture est partie prenante du paysage7. Les bâtiments et leur architecture sont dès lors associés aux genres de vies, et ce dans la perspective de répertorier et classer les styles en fonction de leurs lieux d’apparition, de développement et de diffusion8. Dans les années 1980, la « nouvelle géographie culturelle » vient critiquer et nourrir ces travaux. Elle se scinde néanmoins entre une volonté d’inspiration marxiste de faire apparaître les processus structuraux se cachant derrière les différentes tendances architecturales, et une approche davantage baignée de phénoménologie, attentive aux expériences individuelles et à leur impact sur le bâti9. Cette géographie radicale enrichit ainsi les travaux géographiques sur l’architecture par une considération nouvelle du bâti, désormais pris comme signe (ou symbole) de systèmes culturels, économiques, sociaux ou politiques plus larges10. Cette tradition critique continue d’inspirer de nombreux travaux sur la façon dont, considérés individuellement, les bâtiments contribuent à la production de relations sociales conflictuelles et de dispositifs spatiaux contestés11. Avec l’essor de l’interdisciplinarité, ce sont aussi des questions méthodologiques sur la façon dont les géographes et les architectes peuvent s’associer qui sont discutées12. Comme dans le reste de la discipline enfin, les études les plus récentes sur l’architecture ont intégré les préoccupations de la non-representionnal theory britannique13. Ces travaux tentent de se rapprocher des processus cognitifs et psychiques qui caractérisent le rapport des individus aux lieux, et ce afin d’englober un rapport sensoriel et corporel à l’architecture qui ne serait pas représenté ou représentable. Cette perspective offre véritablement à la géographie une entrée nouvelle pour l’étude du bâti :

Ceci est un appel à s’intéresser non pas seulement à ce que les gens pensent des bâtiments mais à ce qu’ils y font : comment des pratiques quotidiennes telles s’asseoir, traverser, jouer et interagir avec les autres donnent vie à un bâtiment – aussi temporairement soit-il – et tout simplement, comment ces pratiques dépassent les concepts de ‘signification symbolique’ et de ‘valeur’.14

8En France, les liens entre géographie et architecture restent encore aujourd’hui distendus15, et l’étude du bâti laissée à l’expertise des sciences de l’ingénierie. De nombreux travaux voient néanmoins le jour et témoignent d’un intérêt pour les liens entre l’évolution architecturale sinon morphologique de la ville et ses aspects sociaux et politiques16.

Espace social et architecture à Melbourne

9En Australie, les recherches menées sur les territoires urbains ont évolué dans une tradition géographique proche des travaux nord-américains. Parmi cette littérature, de nombreuses études soulignent la complexité socio-économique des agencements architecturaux dans les villes australiennes, étudiées pour leur statut postcolonial17, leur diversité sociologique18 ou comme les laboratoires d’une justice spatiale encore à construire19. Parmi ces travaux de géographie urbaine, on retrouve également des recherches innovantes sur l’écologie politique, explorant non seulement les relations sociales entre les individus, mais aussi entre les acteurs sociaux et les objets20, ou entre les acteurs et les animaux21 dans un milieu urbain dont la matérialité et la plasticité des bâtiments jouent un rôle22.

10Construite sous une pression démographique importante liée à un fort taux d’immigration, la ville de Melbourne a inspiré des travaux paradigma-tiques aux géographes australiens ou nord-américains, alors même que ces travaux restent souvent peu connus en Europe. On peut distinguer deux grandes tendances dans les travaux des géographes qui portent sur Melbourne et son environnement physique : la critique des politiques et des aménagements urbains23, de leurs conséquences sur l’habitat24, les modes de vie et l’environnement25 ; l’inscription des formes du bâti dans le système multiscalaire de la ville, les sociabilités que les bâtiments permettent et leur appropriation ou non par les différents groupes sociaux26 en lien avec une lecture critique des facteurs identitaires27. Ces deux tendances sont marquées par la tradition critique de la géographie anglo-saxonne radicale28, et témoignent également d’une atmosphère générale de contestation des transformations urbanistiques et architecturales dans la société civile à Melbourne29 sinon du rôle important joué par les activistes30.

11La première thématique est notamment illustrée par les travaux de Kim Dovey et de Leonie Sandercock sur la revitalisation des quartiers industriels de Melbourne au Sud du CBD31. Dans le quartier de Southbank, Kim Dovey et Felicity Symons32 retravaillent la relation entre espaces publics et privés par le concept d’interface, pris dans son sens matériel et entendu comme une typologie spatiale pertinente pour analyser les aménagements urbains, tout en utilisant une méthode photographique basée sur les critères de l’imperméabilité et de la transparence du bâti33. Ce travail construit en effet une typologie spatiale en fonction de la porosité des structures, du contexte matériel qu’elles offrent aux piétons et de leur capacité à offrir un espace d’interaction. Ceci permet alors aux auteurs d’évaluer le niveau d’atonie des espaces de Southbank en fonction de critères matériels et sociaux à la fois, tout en donnant une base à une évaluation critique de ces aménagements34. Les représentations liées à ces espaces constituent également une entrée méthodologique pour l’analyse de ce quartier, tandis qu’une place importante est faite au rôle joué par les acteurs sociaux et notamment par les activistes dans la pratique et les représentations des espaces35.

12La seconde thématique interroge davantage les problématiques sociales dans Melbourne, en lien notamment avec le degré de mixité permis ou non par les bâtiments. À cet égard, les analyses de Kay Anderson sur la construction politique et économique du quartier de Chinatown à Melbourne (comme à Sydney) constituent un cas d’école pour la critique d’un projet architectural en lien avec les problématiques de l’ethnicité36. En effet, Melbourne accueille en plein CBD une enclave dédiée à la civilisation chinoise qui regroupe en une rue (Little Bourke Street) gastronomie et vitrines « traditionnelles ». Fruit d’une coopération entre entrepreneurs chinois et agents immobiliers locaux, le bâti et l’organisation des espaces de sociabilités (ruelles, trottoirs, portiques aux deux extrémités de la rue, cafés etc.) reflètent en fait une lecture occidentale de la vie de quartier dans une Chine réinventée sinon rêvée37. Cette entreprise architecturale incarne une conception du multiculturalisme partagée entre pluralisme culturel et assimilation et reviendrait selon la géographe canadienne à créer dans la ville des groupes racialisés. Mais selon cette tradition géographique radicale et critique, la différenciation spatiale dans la ville ne s’effectue pas à Melbourne qu’entre groupes ethniques38. La structure des bâtiments, et notamment des immeubles résidentiels, tend à reproduire les mécanismes globaux d’exclusion, de ségrégation ou de stigmatisation entre groupes sociaux à échelle du bâtiment39 ou dans les discours des promoteurs40.

13D’autres travaux reviennent enfin sur la fabrique de Melbourne d’un point de vue historique et archéologique. Un certain nombre d’études se penchent sur des quartiers de la ville dont les cultures ont été profondément altérées ou modifiées avec la transformation morphologique du bâti, comme c’est le cas de Little Lon’41, tandis que des analyses retracent les évolutions stylistiques et architecturale du bâti, par exemple dans la construction des gratte-ciel au xixe et au xxe siècle sous l’égide de modèles alternativement new-yorkais ou parisiens42.

L’architecture habitée : groupes sociaux, cultures locales et pratiques socio-spatiales du bâti

Quelles typologies architecturales dans Melbourne ?

14Une analyse renouvelée du bâti à Melbourne passe nécessairement par une évaluation de la méthodologie à adopter. Dans cet article, la notion de typologie architecturale est proposée, et ce pour trois raisons principales. Parler de typologies architecturales et non de styles, courants ou modèles architecturaux permet d’abord de proposer une lecture du bâti qui ne repose pas uniquement sur la fabrique conceptuelle, politique et matérielle du bâtiment, mais qui met en lumière sa fabrique sociale, culturelle et spatiale une fois pratiqué par différents individus et groupes sociaux dans la ville.

15Le concept de typologie architecturale se prête ensuite particuliè-rement bien à Melbourne (mais pourrait s’appliquer à d’autres villes) car il permet de parler efficacement des morphologies, des gabarits et des volumes mais aussi des processus d’hybridation architecturale et des implantations que l’on observe dans la ville. Évitant ainsi de les figer dans des catégories uniquement stylistiques préalablement établies, le concept de typologie architecturale invite non seulement à un travail de terrain et d’observation à toutes les échelles, mais inaugure aussi une représentation du bâti comme autant d’espaces habités par des mouvements humains et des dynamiques socio-spatiales.

16Du point de vue de la pratique scientifique enfin, le concept de typologies architecturales ouvre un dialogue interdisciplinaire entre les concepts et les méthodes de la géographie, de l’histoire et de la sociologie d’un côté, et de l’architecture et des sciences de l’ingénieur de l’autre, et ce par la diversité des critères qu’il permet. Parmi les divers critères possibles, on peut en établir cinq (ill. 2) afin d’amorcer une étude des typologies architecturales dans Melbourne.

Ill. 2 : Proposition de critères pour l’établissement d’une méthode par typologies architecturales

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Ill. 3 : Au cœur du CBD, le Manchester Unity Building face au Melbourne City Town Hall, vu de Collins Street, Melbourne, 2010

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Cliché auteur, 2010

Ill. 4 : Façade d’une maison victorienne en terrasse dite « terrace house » à Kew, Melbourne

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Cliché auteur, 2011

Ill. 5 : Vue sur des tours d’habitat collectif depuis les colonnes du monument de l’Anzac, dans le jardin botanique, Melbourne

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Cliché auteur, 2011

Ill. 6 : Superposition, juxtaposition et agencement architectural inédit dans le CBD vu depuis Swanston st, Melbourne

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Cliché auteur, 2011

17Si l’on ne retient que les critères 1 et 3 (ill. 2), on peut établir un portrait rapide de la géographie architecturale à Melbourne. À partir des années 1850 dans l’Empire britannique, le style néogothique se développe et fleurit notamment dans les villes australiennes. Melbourne n’échappe pas à cette tendance et la ville se hérisse d’édifices religieux ou administratifs dans ce style. En 1897, la cathédrale St Patrick, en 1880, la cathédrale St Paul, puis en 1932, le Manchester Unity Building, un des premiers gratte-ciel de la ville qui culmine à 64 m de haut (ill. 3). L’Université de Melbourne se développe, elle aussi, sous l’influence du néogothique, inspirée des modèles de Cambridge et d’Oxford eux-mêmes en partie bâtis selon ce style. Dans les quartiers plus résidentiels, en bordure de l’hypercentre que constitue le CBD, le style victorien des maisons mitoyennes apparaît et caractérise les quartiers aisés de Melbourne (ill. 4). Depuis 1980 et la construction de l’ANZ Tower, on observe une verticalisation croissante du centre de Melbourne en lien avec la tertiarisation de l’économie australienne. Ce changement paysager et architectural connaît une forte accélération depuis 2006 (ill. 5 et 6) et particulièrement dans le quartier de Southbank, avec l’inauguration de l’Eurêka Tower et l’annonce pour 2019 du gratte-ciel Australia 108 qui devrait atteindre 319 mètres avec plus de 100 étages.

18À échelle plus locale, les adaptations du bâti au développement de nouvelles pratiques économiques ou culturelles donnent à voir des implantations spatiales et architecturales inédites dans Melbourne, ainsi que le développement de pratiques sociales spécifiques en lien avec le bâti.

Cultures urbaines et pratiques sociales dans et par le bâti

19En prenant en compte tous les critères des typologies architecturales (ill. 2), on peut se pencher sur un cas d’étude en particulier afin d’établir le lien entre certains bâtiments et les pratiques sociales qui y ont lieu : l’investissement économique, symbolique et socio-spatial du bâti anciennement industriel dans le Nord de la ville.

20L’héritage du passé industriel et textile de Melbourne (ill. 7) est encore largement visible dans de nombreux quartiers du centre-ville, comme ceux de Collingwood ou Abbostford, où manufactures et fabriques marquent non seulement le paysage urbain mais également les pratiques habitantes. La revalorisation de ces espaces anciennement industriels et au profil ouvrier commence à s’effectuer dans les années 1980 avec le développement d’un phénomène de gentrification multiforme43 qui équivaut selon certains commentateurs à une forme de reconquête de la ville44.

Ill. 7: Charles Bennett, Old Melbourne architecture, Flinders Lane, 1885

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State Library of Victoria, Image H9177, http://handle.slv.vic.gov.au/10381/ 106932

21Depuis deux décennies, ces lieux (usines, manufactures, logements ouvriers, brasseries etc.) longtemps laissés à l’abandon ou en jachère font l’objet de revalorisations architecturales, lesquelles sont le plus souvent accompagnées d’opérations immobilières. Tandis que le façadisme45 s’impose, on observe aussi des démarches hybrides auprès de ces bâtiments, entre conservation de l’ancien et mise au goût du jour par le graffiti (ill. 8). Une fois réaménagés, ces lieux sont convoités, se trouvent réinvestis de valeurs positives voire très positives46 tandis que leur prix augmente considérablement.

Ill. 8 : Façade extérieure et jardin sur cour du café St Edmonds, vu de Greville Street à Prahran, Melbourne

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Cliché auteur, 2011

22Ce processus pose d’une part la question de l’occupation de ces lieux (par quelle catégorie sociale ? au prix de quelles évictions, notamment celles des communautés d’artistes ?) et d’autre part celle de la valeur culturelle de quartiers décrits par les opérations de ventes comme des espaces favorisant la créativité47. Par ailleurs, la requalification de ces espaces ne les destine pas simplement à la création de logements, puisque l’on observe le maintien ou la reprise de certaines activités. L’essor des brasseries et de la production de bières locales, aussi appelées « boutique beer », dont témoigne l’imposante présence en plein centre-ville, montre le regain d’intérêt pour les savoir-faire industriels locaux et pour la valorisation de circuits de production courts au sein de l’État de Victoria. Des brasseries telles Mountain Goat à Richmond ou Little Creatures à Fitzroy utilisent volontiers d’anciennes brasseries réaménagées pour la production et la consommation sur place de la bière dans un circuit destiné à une clientèle ultra locale.

Ill. 9 : Ruelle ou « Laneway » à Parkville au nord du CBD, et vue sur le bâtiment de la Faculté de commerce de l’University of Melbourne, Melbourne

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Cliché auteur, 2012

23Les nouveaux usages de ces lieux suscitent également un réinvestissement identitaire de l’espace. Les espaces interstitiels entre les bâtiments industriels forment en effet des ruelles qui, selon la tendance déjà présente dans le CBD, sont particulièrement affectionnées par les habitants. Ces espaces, bien que souvent privés de lumière, sont investis et deviennent les creusets d’une sociabilité étudiante et branchée, jouant sur le contraste entre grands volumes intérieurs, passages étroits à l’extérieur et proximité avec les immeubles modernes (ill. 9). Cette utilisation des espaces de corridors entre différents immeubles pour une sociabilité et une pratique de l’espace propre à l’urbanité melbournienne permet de confirmer la pertinence du concept de typologie architecturale. En se plaçant du côté de la morphologie du bâtiment et de ses pratiques et usages (critères 3 et 4, ill. 2), on parvient à la création d’une première typologie architecturale : celle de l’espace interstitiel à composante transitoire et sociale. Le dernier point de cet article permet à présent d’esquisser une deuxième typologie, celle du haut lieu pour l’activisme et la négociation de l’histoire urbaine.

Choisir ses hauts lieux : activisme et négociation de l’histoire urbaine

24La prise en compte des critères 2 et 5 nous invite à deux nouvelles études de cas dans Melbourne : la négociation de l’avenir du Palais Theatre à St Kilda (ill. 10) et le haut lieu du consensus politique et civique autour de la question aborigène, Federation Square dans le CBD (ill. 11).

Ill. 10 : Vue du Palais Theatre à St Kilda, Melbourne

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Cliché auteur, 2012

25Récemment, des groupes d’individus réunis en association et des gouvernements locaux se sont élevés contre la démolition ou l’abandon progressif de certains bâtiments dans Melbourne. Avec la rigidité des récentes mesures prises à l’encontre des lieux de convivialité distribuant de l’alcool, les lieux menacés de fermeture se trouvent souvent être des espaces emblématiques de la culture musicale à Melbourne48 et suscitent dans la population un désir de conservation au titre de leurs trajectoires individuelles mais aussi de l’histoire locale. C’est par exemple le cas du Palais Theatre au Sud de la ville dans le quartier de St Kilda. En 1927, à la suite de l’incendie du cinéma Palais Pictures, une salle de spectacle est construite à cet emplacement d’après les plans de l’architecte Henry White. Il constitue un éminent exemple d’architecture art déco dans Melbourne et figure depuis 1981 dans l’héritage victorien de la ville49. Selon son concepteur, le Palais Theatre ne suit aucun modèle particulier mais s’inspire à la fois de styles décrits comme français, espagnol et « oriental »50. À l’intérieur, une capacité d’accueil de 3000 personnes en ont longtemps fait la plus grande salle de spectacle en Australie, tandis que son système d’éclairage intérieur se démarquait à l’époque pour sa modernité et sa qualité51.

26Le Palais Theatre bénéficie d’une implantation urbaine particulière dans St Kilda. En 1888, le tramway connecte le quartier au reste de la ville, le transformant ainsi en zone de détente pour les citadins, tandis que quelques années plus tard, en 1912, des entrepreneurs ouvrent le Luna Park (copié sur le modèle de Coney Island à New York52). Sa localisation à moins de 500 mètres de la plage a également facilité son attractivité pour les citadins désireux de fréquenter les plages de la ville, situées entre St Kilda et Brighton le long de la baie de Port Phillip. Le Palais de la Danse et le cinéma le Palais Théâtre ouvrent alors leur portes, et St Kilda devient un espace de divertissement. Avec le développement de ces lieux de loisirs, on observe également le développement des lieux de plaisirs (drogue, jeu, prostitution etc.). Devenu depuis les années 1990 un haut lieu touristique, festif et investi par les classes moyennes supérieures, les lieux de la fête et de cette culture alternative et sulfureuse suscitent l’intérêt collectif. En 2006, la mairie locale propose un plan de redéveloppement à des investisseurs pour tenter de sauvegarder le Palais Theatre et ses fonctions récréatives et artistiques, mais le projet est abandonné53. Dans l’opinion publique et la presse, ce nouveau cas relance la question de la valorisation des édifices historiques dans Melbourne et sa soumission aux choix économiques des investisseurs54.

27Emblème de la culture musicale et festive de St Kilda, ancré dans un réseau de lieux symboliques, bénéficiant d’un gabarit et d’un volume hors-norme, le Palais Theatre constitue un haut lieu architectural pour la culture artistique de la ville. La typologie architecturale lui correspondant pourrait être celui du bâtiment signal (c’est-à-dire parlant au plus grand nombre) puisque lié à une histoire locale, nationale et internationale et inscrit dans un réseau d’appropriation identitaire et culturelle. Les démarches des activistes pour sa conversation et la pérennité de son fonctionnement témoignent par ailleurs de son importance symbolique dans la structuration des espaces de la mobilité (avec sa situation toute proche de l’importante jonction de tramway St Kilda Junction), des loisirs mais aussi dans la fabrique identitaire de l’histoire urbaine de Melbourne.

Ill. 11 : Vue de l’entrée dans l’atrium et de la façade nord de l’Australian Center for the Moving Image depuis Flinders St, Melbourne

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Cliché auteur, 2010

28Le deuxième cas d’étude concerne non pas un bâtiment mais un espace architectural, et permet un examen de l’architecture comme élément de matérialisation d’un consensus politique dans la ville. L’inauguration en 2002 de la place Federation Square (ill. 11) dans le CBD de la ville, en face de la gare Flinders Station illustre la volonté des pouvoirs publics de doter Melbourne d’un espace public qui puisse à la fois se différencier des autres capitales d’État en termes de paysage urbain tout en affichant une image de l’identité australienne et melbournienne comme fragmentée, complexe et culturellement riche55.

Ill. 12 : Lab Architecture Studio, Display boards of the competition submission and subsequent presentation perspectives for federation square, 1995-1996

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Donald L Bates, Peter Davidson, Bates Smart, Architectural drawings collection, URL : http://handle.slv.vic.gov.au/ 10381/150801

29Entièrement pavée de pierres provenant d’Australie-Occidentale pour évoquer l’outback australien et l’héritage aborigène, la place témoigne d’un renouveau architectural désireux d’englober plus largement l’histoire du continent. La conception de Federation Square s’organise autour d’une place appelée The Square et qui peut accueillir 15 000 personnes pour des événements en plein air. Autour de cette place aussi appelée dans le projet initial Civic Square (Ill. 12) s’organisent deux musées (le prolongement du NGV, National Gallery of Victoria, et l’ACMI, Australian Center for the Moving Image), un espace de conférence et un lieu de convivialité avec un bar et des restaurants en terrasse. La thématique du vivre-ensemble a été privilégiée au sein du projet proposé par le studio londonien Lab Architecture Studio et la réconciliation avec les peuples indigènes d’Australie, particulièrement épineuses dans la vie politique et sociale du pays et de la ville, se trouve mise en scène et esthétisée par le choix des matériaux, des couleurs et des textures de la place et des différentes façades extérieures et intérieures. La répétition fractale d’un motif triangulaire mime la complexité et la richesse de la nation australienne (ill. 11 et 14).

Ill. 13 : Lab Architecture Studio, Display boards of the competition submission and subsequent presentation perspectives for federation, 1995-1996

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Donald L Bates, Peter Davidson, Bates Smart, Architectural drawings collection, URL : http://handle.slv.vic.gov.au/ 10381/150801

30Enfin, l’implantation de cet espace dans son territoire a été pensé de sorte à ce que la place ne crée pas de rupture avec la rue adjacente (Flinders Street) et les bâtiments qui l’entoure, telle la cathédrale St Paul (ill. 13).

Ill. 14 : L’entrée de l’Atrium de Federation Square, Melbourne

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Cliché auteur, 2010

31Dans son enquête sur l’évaluation esthétique de cet espace par les individus qui le fréquentent, Andrew Bishop56 apporte trois contributions à la relation entre architecture et pratique sociale de l’espace. Il révèle d’abord que les personnes interrogées (50 au total) aux abords de Federation Square expriment des jugements positifs sur le lieu et manifestent une préférence pour un modèle architectural innovant (« preference-for-difference model »57) par rapport à un modèle architectural classique (« preference-for-prototype model »58). Ces résultats le conduisent à encourager cette pratique de l’enquête auprès des usagers des lieux architecturaux afin de les confronter avec les visions préétablies par les cabinets d’architectes quant à la réponse affective et esthétique qu’apporteront les groupes sociaux face au bâtiment. Enfin, Andrew Bishop appelle les gouvernements locaux à faire montre de davantage d’innovation dans la construction et l’élaboration de nouvelles esthétiques urbaines en lien avec la perception positive de lieu tel Federation Square.

32Par sa fabrique politique et architecturale, son ancrage dans les pratiques socio-spatiales, sa centralité dans la ville et sa relative réussite sociale, Federation Square constitue une dernière catégorie possible dans les typologies architecturales de Melbourne : l’espace du consensus politique et social, à l’intersection entre pratiques de mobilité quotidiennes et marketing urbain célébrant l’innovation architecturale.

Conclusion

33Le parcours que nous avons proposé ébauche des typologies architecturales dans Melbourne, et en filigrane, le développement d’un outil méthodologique et conceptuel au croisement des sciences sociales et architecturales. À travers cette étude, c’est également la multitude des liens entre géographie et historicité des bâtiments qui a été soulignée. Une première étape a été de replacer l’étude du bâti dans un contexte géographique d’émulation malgré l’identification de manques dans la littérature scientifique. Parmi ces manques, la relative faiblesse du dialogue entre les géographes et les architectes et ingénieurs est désignée comme le principal frein à une géographie renouvelée du bâti. Ce renouvellement passe par un canal essentiel : celui de la prise en compte des pratiques sociales et spatiales quotidiennes par les usagers des bâtiments. Malgré la porosité des échanges entre géographes français et australiens, la richesse de la littérature sur la géographie architecturale dans Melbourne, qu’elle soit issue d’une tradition critique et radicale ou des sciences environnementales et urbanistiques, révèle la nécessité à s’inspirer de ces travaux et à ouvrir un dialogue entre les diverses pratiques de terrain et les résultats scientifiques obtenus.

34Dans un second temps, cet article a développé deux propositions pour l’élaboration de typologies architecturales dans Melbourne : l’espace interstitiel à composante transitoire et social d’une part, le haut lieu pour l’activisme et la négociation de l’histoire urbaine d’autre part. Parmi cette deuxième catégorie, deux cas d’études ont permis de différencier le bâtiment signal de celui de l’espace du consensus socio-politique. Ces catégories typologiques nous ont permis de revenir sur les processus d’hybridation des formes du bâti par les cultures urbaines locales et les groupes sociaux, tout en intégrant une prise en compte des pratiques quotidiennes et des représentations liée à l’esthétique et aux fonctions (détournées ou non) des bâtiments. La contribution méthodologique de cet article se résume dès lors en deux points : un appel à considérer l’architecture en lien avec ses pratiques habitantes au sens large et la valorisation de l’interdisciplinarité dans l’examen des dimensions et des territoires du bâti à toutes les échelles.



Notes


1 Malgré de nombreux débats, la date de fondation de la ville est fixée à 1835.

2 En 1837, Robert Hoddle élabore pour le centre de Melbourne un plan orthogonal appelé aussi « Hoddle grid ».

3 John Butcher, Australia Under Construction : Nation-building past, present and future, Canberra, ANU Press, 2008, p. 7-16.

4 Peter Kraflt, « Geographies of Architecture: The Multiple Lives of Buildings », Geography Compass, 2010, vol. 4, n°5, p. 402-415.

5 « The creation of individual buildings by both profesionally trained, named ‘architects’ and untrained builders », ibid, p. 403.

6 « The literal act of place-making », Ibid., p. 403.

7 Thierry Pacquot, « Architecture », dans Jacques Lévy, Michel Lussault (dir.), Dictionnaire de la géographie et de l’espace des sociétés, Paris, Belin, 2003, p. 98.

8 Jon Goss, « The Built Environment and Social Theory: Towards an Architectural Geography », The Professional Geographer, vol. 40, n°4, 1988, p. 392–403.

9 William J. Thomas Mitchell, Landscape and Power, 2e ed., Chicago, The University of Chicago Press, 2002.

10 J. Goss, art. cit.

11 Jane Rendell, Iain Borden, Intersections: Architectural Histories and Critical Theories, Londres, Routledge, 2000.

12 Jane M. Jacobs, Stephen Cairns, Ignaz Strebel, « Doing Building Work: Methods at the Interface of Geography and Architecture », Geographical Research, vol. 50, n°2, 2012, p. 126-40.

13 Nigel Thrift, « Afterwords », Environment and Planning D: Society and Space, vol. 18, n°3, 2000, p. 213-255.

14 « This is a call to focus not just upon what people think about buildings but what they do in them : how everyday practices such as sitting, walking-through, playing, interacting with others give life to a building – however temporarily – and, commonsensically, how they exceed concepts such as ‘symbolic meaning’ or ‘value’.», P. Kraflt, art. cit., p.407

15 T. Pacquot, art. cit.

16 Thierry Pacquot, La folie des hauteurs : pourquoi s’obstiner à construire des tours ?, Paris, Bourin, 2008.
Manuel Appert, « Les nouvelles tours de Londres comme marqueurs des mutations d’une métropole globale », Revue de l’observatoire de la société britannique, 2011 ; Martine Drozdz, Manuel Appert, « Re-Understanding CBD: A Landscape Perspective », 2012.

17 Jane M. Jacobs, Edge of Empire: Postcolonialism and the City, Londres, New York, Routledge, 1996.

18 Jane M. Jacobs, Ruth Fincher (dir.), Cities of Difference, New York, Londres, The Guilford Press, 1998.

19 Patrick N. Troy, Just Society? Essays on Equity in Australia, Sydney, Boston, Littlehampton Book Services Ltd, 1982.
Ruth Fincher, Kurt Iveson, « Justice and Injustice in the City »,
Geographical Research, vol. 50, n°3, 2012, p. 231-241.

20 Khalilah Zakariya, Nor Zalina Harun, Mazlina Mansor, « Spatial Characteristics of Urban Square and Sociability: A Review of the City Square, Melbourne », Procedia - Social and Behavioral Sciences, vol. 153, 2014, p. 678–688.

21 Lesley Instone, Jill Sweeney, « Dog Waste, Wasted Dogs: The Contribution of Human–Dog Relations to the Political Ecology of Australian Urban Space », Geographical Research, vol. 52, n°4, 2014, p. 355–364.

22 Donald Mcneill, Kim Mcnamara, « The Life and Death of Great Hotels: A Building Biography of Sydney’s “The Australia” », Transactions of the Institute of British Geographers, vol. 37, n°1, 2012, p. 149-163.

23 Kim Dovey, Framing Places: Mediating Power in Built Form, Londres, Routledge, 2012.

24 Kate Shaw, « Australia’s Unintended Cities: The Impact of Housing on Urban Redevelopment », Urban Policy and Research, vol.31, n°3, 2013, p. 379-383.

25 Kate Shaw, « Docklands Dreamings: Illusions of Sustainability in the Melbourne Docks Redevelopment », Urban Studies, vol. 50, n°11, 2013, p. 2158-2177.

26 Ian Woodcock, Kim Dovey, Gethin Davison, « Envisioning the Compact City: Resident Responses to Urban Design Imagery », Australian Planner, vol. 49, n°1, 2012, p. 65–78.

27 Kim Dovey, Ian Woodcock, Stephen Wood, « A Test of Character: Regulating Place-Identity in Inner-City Melbourne », Urban Studies, vol. 46, n° 12, 2009, p. 2595-2615.

28 Kim Dovey, « Uprooting Critical Urbanism », City, vol. 15, n°3-4, 2011, p 347-354.

29 Kate Shaw, « Discretion vs. Regulation and the Sorry Case of Melbourne City Plan 2010 », Urban Policy and Research, vol. 21, n°4, 2003, p. 441-447 ; Ian Woodcock, Kim Dovey, Simon Wollan, Ian Roberston, « Speculation and Resistance: Constraints on Compact City Policy Implementation in Melbourne », Urban Policy and Research, vol. 29, n°4, 2011, p. 343-362.

30 Renate Howe, « New Residents-New City. The Role of Urban Activists in the Transformation of Inner City Melbourne », Urban Policy and Research, vol. 37, n° 3, 2009, p. 243-251.

31 Kim Dovey, Leonie Sandercock, Fluid City: Transforming Melbourne’s Urban Waterfront, Sydney, UNSW Press, 2005.

32 Kim Dovey, Felicity Symons, « Density without Intensity and What to Do about It: Reassembling Public/private Interfaces in Melbourne’s Southbank Hinterland », Australian Planner, vol. 51, n°1, 2014, p. 34-46.

33 Ibid., p. 39

34 Ibid., p. 42

35 Leonie Sandercock, Kim Dovey, « Pleasure, Politics, and the “Public Interest”: Melbourne’s Riverscape Revitalization », Journal of the American Planning Association, vol. 68, n°2, 2002.

36 Kay Anderson, « ‘Chinatown Re-Oriented’; a Critical Analysis of Recent Redevelopment Schemes in a Melbourne and Sydney Enclave », Australian Geographical Studies, vol. 28, n°2, 1990, p. 137-154.

37 Ibid.

38 Ruth Fincher, « Population Questions for Australian Cities: Refraining Our Narratives », Australian Geographer, vol. 29, n°1, 1998, p. 31-47.
Ruth
Fincher, Lauren Costello, « Narratives of High-Rise Housing: Placing the Ethnicized Newcomer in Inner Melbourne », Social & Cultural Geography, vol. 6, n° 2, 2005, 201-217.

39 Lauren Costello, « From Prisons to Penthouses : The Changing Images of High-Rise Living in Melbourne, Housing Studies, vol. 20, n°1, 2005, p. 49-362.

40 Ruth Fincher, « Gender and Life Course in the Narratives of Melbourne’s High-rise Housing Developers », Australian Geographical Studies, vol. 42, n°3, 2004, p. 325-338 ; Clive Forster, « The Challenge of Change: Australian Cities and Urban Planning in the New Millennium », Geographical Research, vol. 44, n° 2, 2006, p. 173–182.

41 Alan Mayne, Tim Murray, Susan Lawrence, « Melbourne’s ‘little Lon’ », Australian Historical Studies, vol. 31, n° 114, 2000, p. 131-51.

42 Ben Schrader, « Paris or New York? Contesting Melbourne’s Skyline, 1880-1958 », Journal of Urban History, vol. 36, n° 6, 2010, p. 814-830

43 Maryann Wulff, Michele Lobo, « The New Gentrifiers: The Role of Households and Migration in Reshaping Melbourne’s Core and Inner Suburbs », Urban Policy and Research, vol. 27, n°3, 2009.

44 Neil Smith, The New Urban Frontier: Gentrification and the Revanchist City, Londres, Routledge, 1996.

45 La tendance à conserver la façade d’origine pour son caractère esthétique ou historique même si l’intérieur du bâtiment se trouve complétement réaménagé voire entièrement démoli.

46 Tanja Luckins, « Gentrification and Cosmopolitan Leisure in Inner-Urban Melbourne, Australia, 1960s-1970s », Urban Policy and Research, vol. 37, n° 3, 2009, p. 265-275.

47 Kate Shaw, « Melbourne’s Creative Spaces program: Reclaiming the ‘creative city’ (if not quite the rest of it) », City, Culture and Society, vol. 5, n° 3, 2014, p. 139-147.

48 Louise Dorignon, « ‘Best beer, best live music’ : espaces de la musique, consommation d’alcool et conflits sociaux à Melbourne (Australie) », Urbanités [En ligne], n° 3, mis en ligne le 4 avril 2014, consulté le 3 décembre 2014. URL : http://www.revue-urbanites.fr/3-best-beer-best-live-music-espaces-de-la-musique-consommation-dalcool-et-conflits-sociaux-a-melbourne-australie/

49 Voir le site du VHR (Victorian Heritage Register) et la fiche consacrée au Palais Theatre, (n°H0947). URL : http://vhd.heritage.vic.gov.au/vhd/heritagevic#detail_places;1115.

50 Ibid.

51 La salle est notamment pourvue du système de lampes Bedford.

52 Voir le site du VHR et la fiche consacrée au Luna Park (n° B4872). URL : http://vhd.heritage.vic.gov.au/vhd/heritagevic#detail_places;66627.

53 Lucas Clay, « St Kilda’s Palais theatre at ‘imminent risk of closure’, says council », The Age [En ligne], mis en ligne le 23 aout 2014, consulté le 3 décembre 2014, URL : http://www.theage.com.au/victoria/st-kildas-palais-theatre-at-imminent-risk-of-closure-says-council-20140822-106xn4.html.

54 Libby Porter, Kate Shaw (éd.), Whose urban renaissance? : An international comparison of urban regeneration strategies, Londres, New York, Routledge, 2009.

55 Donald L. Bates, Peter Davidson, « Federation Square, Melbourne, Australia Lab Architecture Studio », Assemblage, vol. 40, 1999, p. 57-67.

56 Andrew Bishop, « Outside the square? Aesthetic response to the contemporary architecture of Federation Square, Melbourne », The Environmentalist, vol. 27, n°1, 2007, p. 63-72.

57 Ibid.

58 Ibid.


Citer ce document


Louise Dorignon, «Typologies architecturales et cultures urbaines a Melbourne : pour une géographie renouvelée du bâti», Carnets du LARHRA [En ligne], n° 2015-1 | Appréhender le passé par le bâti,publié le : 23/05/2019,URL : http://revues.univ-lyon3.fr/larhra/index.php?id=399.

Auteur


Auteur Louise Dorignon

UMR 5600 Environnement Ville société, Université de Lyon – Lumière-Lyon 2