Carnets du LARHRA

La production de terre cuite architecturale dans les ouvrages encyclopédiques : constitution et itinéraires de savoirs technicisés

The production of architectural terracotta in encyclopaedic works: constitution and itineraries of technological knowledge
Cyril Lacheze

La production de terre cuite architecturale constitue un sujet d'étude de choix pour analyser les logiques de constitution des discours techniques présentés dans les sources encyclopédiques et assimilées. Il est possible de mettre clairement en évidence des phénomènes de construction (ou de déconstruction) incrémentielle du savoir technicisé. Surtout, il apparaît que celui-ci, dans sa présentation, n'était souvent pas lié à un réel développement des connaissances, mais plutôt à des choix rédactionnels et éditoriaux effectués par des intellectuels cherchant avant tout à trouver aisément des informations dans les écrits préexistants. Le but pour le rédacteur était généralement avant tout d'accroître son propre « capital social » en publiant des textes dans de prestigieux ouvrages liés aux sociétés savantes de l'époque. Les premiers écrits spécifiquement consacrés à ce sujet, vers la fin du XVIIe siècle, étaient des traités d'architecture ou des dictionnaires commerciaux, qui se préoccupaient peu de la formalisation et de la transmission du savoir pratique de la production. Ces textes, associés à des traductions de la Cyclopædia de Chambers, ont servi de support pour la rédaction de l'Encyclopédie, dont les articles sur la terre cuite architecturale ont été rédigés par des néophytes, et les planches représentaient une tuilerie probablement réelle mais très particulière. À la même époque, la Description des arts et métiers de l'Académie cherchait plus explicitement à « techniciser » le savoir pratique, mais l'Art du briquetier regroupe concrètement les mémoires de deux ingénieurs militaires décrivant les fours en meule typiques des Flandres, loin de la pratique française courante. Ce texte a ensuite été recopié tel quel dans une série d'écrits techniques, notamment l'Encyclopédie Panckoucke, et ce jusqu'à la seconde moitié du XIXe siècle.

The production of architectural terracotta is a subject of choice to analyze logics of constitution of the technical discourses presented in the encyclopedic and assimilated sources. It is possible to clearly highlight phenomena of incremental construction (or deconstruction) of technicalized knowledge. Above all, it appears that this one, in its presentation, was often not linked to a real development of knowledge, but rather to editorial choices made by intellectuals seeking especially to easily find information in pre-existing writings. The writer’s goal was generally to increase his own "social capital" by publishing texts in prestigious works related to learned societies of the time. The first writings specifically devoted to this subject, towards the end of the 17th century, were architectural treatises or commercial dictionaries, which cared little for the formalization and transmission of the practical knowledge of production. These texts, together with translations of Chamber’s Cyclopædia, used as a support for the Encyclopédie, which articles on the architectural terracotta were written by neophytes, and the planks represented a tilery probably real but very special. At the same time, the Academy’s Description des arts et métiers sought more explicitly to "technicize" the practical knowledge, but the Art du briquetier concretely gathers the memories of two military engineers describing the typical kiln furnaces of Flanders, far of current French practice. This text was then copied as is in a series of technical writings, including the Encyclopédie Panckoucke, until the second half of the nineteenth century.

1L’étude historique des savoir-faire de l’époque moderne se heurte à un problème de sources lié à la nature même de ceux-ci, à savoir qu’ils sont fondamentalement inscrits dans la matérialité et l’oralité. Ils sont en conséquence rarement décrits dans les sources textuelles, et généralement de façon incomplète car indirecte ; de plus, l’archéologie interrogeant la matérialité est encore très peu développée en France pour cette période chronologique1. De fait, le type de source le plus employé correspond alors généralement aux traités techniques, et en premier lieu à ceux du XVIIIe siècle, tels que l’Encyclopédie ou la Description des arts et métiers, parfois les seuls documents à proposer une lecture assez complète et détaillée d’une chaîne opératoire donnée. Il est connu que ceux-ci n’étaient pas destinés à expliquer le savoir-faire technique à la manière d’un artisan et à destination d’un artisan2 : ceux-ci n’avaient pas besoin de livre pour apprendre un métier transmis de maître à apprenti, et ne pouvaient généralement pas les acheter non plus. Ces ouvrages étaient donc destinés à des lettrés, ne cherchant pas à mettre en œuvre la technique de leurs propres mains, mais plutôt à se documenter sur celle-ci et souvent particulièrement sur ses aspects organisationnels et économiques, typiquement dans le but d’en établir une manufacture en connaissance de cause. Toutefois, l’analyse des traités du xviiie siècle sur une thématique donnée, concernant une production courante éloignée de toute logique luxueuse ou d’organisation manufacturière, permet de constater que, au moins pour ce type de sujet, l’intérêt du lecteur n’était clairement pas le principal objectif de la plupart des auteurs de traités techniques. En effet, les textes originaux y sont globalement très rares : beaucoup ne sont que des rééditions d’écrits antérieurs, ou bien des mémoires avec un rapport plus ou moins approximatif au sujet, proposés par des auteurs saisissant avant tout une occasion de faire paraître un texte à leur nom dans des publications réputées3. Nous nous proposons de mettre en évidence cette dynamique à travers le cas des écrits portant sur la terre cuite architecturale, à savoir les briques, tuiles, carreaux de pavement et tuyaux.

2Les premiers traités ayant mentionné la terre cuite architecturale en France datent du milieu du xvie siècle, avec les ouvrages de réduction en art de Biringuccio (1540)4, Agricola (1556)5, Piccolpasso (1557)6 et Palissy (1580)7. Les deux premiers portaient sur la métallurgie et les productions associées : les briques n’étaient évoquées que comme constituant des fours, sans référence à leur processus de fabrication. Les deux suivants traitaient eux de la terre cuite, mais presque uniquement de la poterie et des productions décoratives ; les objets utilitaires, dont la terre cuite architecturale est un exemple par excellence, étaient donc en grande partie évacués. En 1676, le traité d’architecture de Félibien aborda enfin ces produits en tant que tels, mais dans une optique d’architecte8 : leur production n’était quasiment pas abordée, mais plutôt leurs modules, usages et prix, les informations provenant directement de la pratique parisienne. Celles-ci ont également été incluses telles quelles dans les dictionnaires de la fin du xviie et du début du xviiie siècle, en particulier ceux de Furetière en 16909 et Savary en 172310, voire dans celui de Bélidor en 175511. Ce dernier s’attardait un peu plus sur la production dans son traité de 172912, mais presque uniquement avec des conseils d’ingénieur militaire devant produire très rapidement et à moindre coût de grandes quantités de briques, impliquant des économies particulières de temps et de moyens qui n’ont pas été décrites à nouveau par la suite.

3Le premier ouvrage technique comportant réellement une partie spécifiquement dédiée à la terre cuite architecturale a été l’Encyclopédie, avec plusieurs articles de longueur variable13. Or, il est aisé d’y identifier un certain nombre d’incohérences, par exemple sur l’article « Tuile »14 : celui-ci débute en précisant, étrangement, que ce terme est français, et se poursuit par une série d’exemples citant un auteur anglais, une ordonnance d’Édouard IV (roi d’Angleterre au xve siècle), ou encore des pratiques typiques du Kent. Par contre, quasiment aucune référence n’est fournie par rapport aux techniques françaises. L’explication se trouve dans l’historique de l’Encyclopédie : celle-ci devait originellement être une traduction directe de la Cyclopaedia de Chambers15, dictionnaire encyclopédique britannique publié en 172816. L’Encyclopédie a pris rapidement une amplitude nettement plus importante, mais surtout pour les articles les plus cruciaux dans le discours général de l’ouvrage (notamment ceux ayant trait à des questions philosophiques). Les articles techniques les plus simples sont souvent restés de simples traductions de la Cyclopaedia, ce qui était le cas avec celui sur la tuile, mais également ceux sur la « tuilerie » (avec quelques erreurs)17 et sur la « brique »18 ; il faut d’ailleurs noter que la Cyclopaedia reprenait elle-même des textes antérieurs, pouvant remonter au moins à 1700 dans le domaine qui nous intéresse19. Pour l’article « brique », le signataire était de Vandenesse, qui avait fourni près de 300 articles à l’Encyclopédie, mais quasiment tous consacrés à la médecine ou à la biologie20. Celui-ci était la seule exception, lui ayant probablement été attribué suite à un concours de circonstances imprévu, et il tenta de compléter sa traduction de la Cyclopaedia par une collecte personnelle d’informations supplémentaires21. Toutefois, mal comprises et mal présentées, ces données techniques françaises ne faisaient souvent qu’embrouiller le discours. D’autres articles avaient des origines plus variées, mais toujours reprises de publications antérieures : Jaucourt recopia le Dictionnaire de Savary pour l’article « tuyau »22, et Daubenton reproduisit le paragraphe sur l’« argile » qu’il avait déjà rédigé deux ans plus tôt pour l’Histoire naturelle coécrite avec Buffon23. L’article « Carreau », pour sa part, était une réédition à l’identique d’un exercice de géométrie combinatoire de Truchet paru dans les Mémoires de l’Académie des Sciences un demi-siècle plus tôt24, et donc totalement hors-sujet par rapport aux carreaux de pavement, qu’il prenait uniquement comme prétexte.

4Les planches de l’Encyclopédie n’avaient pas de lien direct avec le texte, sauf exception (les planches d’origine du mémoire de Truchet sur les carreaux étaient par exemple reproduites)25. Celles-ci étaient accompagnées de légendes développées qui pouvaient passer pour un second article, contredisant d’ailleurs parfois l’article principal. Les productions de terre cuite architecturale sont regroupées sous le terme de « tuilerie » au début des volumes de planches, avec les images liées à l’architecture26. La représentation était cette fois originale, ne se retrouvant dans aucune publication antérieure, mais elle n’en était pas moins très particulière. Elle donne en effet à voir une tuilerie classiquement organisée autour d’une aire centrale de séchage, comprenant un ensemble de trois bâtiments.

Figure : Vue générale de la tuilerie de l’Encyclopédie (en haut). Le four et la halle sont à gauche, le mouloir à droite. En bas, écorché et plan du mouloir, ainsi que divers outils.

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Denis Diderot, Jean D'Alembert (dir.), Recueil de planches, sur les sciences, les arts libéraux et les arts méchaniques, avec leur explication, Paris, Le Breton, 1762, vol.1, « Architecture – Tuilerie », pl.I. Domaine public, libre de droits. Source de l’image Wikipedia Commons

5Le four maçonné est particulièrement imposant et soigné par rapport aux exemplaires décrits dans les sources manuscrites de l’époque ou retrouvés archéologiquement, mais sans caractéristiques exceptionnelle (cf. ill.2)27.

Figure : Coupes (longitudinale, orthogonales au milieu des couloirs de chauffe et à leurs extrémités) et plans du four (au fond et à hauteur de l’alandier).

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Denis Diderot, Jean D'Alembert (dir.), Recueil de planches, sur les sciences, les arts libéraux et les arts méchaniques, avec leur explication, Paris, Le Breton, 1762, vol.1, « Architecture – Tuilerie », pl.III. Wikipedia Commons

6Par contre, se trouve à droite de l’aire de séchage un petit bâtiment également maçonné, décrit comme une « moulerie », regroupant une grande cuve pour préparer la terre en la marchant, et un espace très bien aménagé pour mouler les tuiles, avec tous les matériaux et outils nécessaires à portée de main dans des espaces préparés à cet effet dans l’architecture du lieu. Or, une telle structure était extrêmement improbable dans la réalité : le marchage se déroulait dans une simple fosse, éventuellement cuvelée, et le moulage sur une table mobile sans caractéristique particulière, le tout à l’air libre ou sous une halle28. Cette halle était habituellement constituée d’une structure largement ouverte, à savoir une charpente sur poteaux de bois, descendant très près du sol, avec peu ou pas de murs, les matériaux à sécher à l’abri de la pluie ou du soleil étant disposés à terre ou plus souvent sur des claies29. Celle représentée sur la planche, à côté du four, est au contraire constituée d’un bâtiment maçonné, presque entièrement fermé, et les tuiles y sont disposées empilées sous forme de « tours » circulaires. Ainsi, la quasi-totalité des éléments de cette tuilerie sont soit remarquablement imposants, soit extrêmement particuliers. Il ne s’agit pourtant pas d’une conception purement théorique : une telle disposition de la halle et des produits à y faire sécher a pu être documentée en Sologne et en Normandie aux xixe et xxe siècles30, et surtout l’auteur des légendes a donné des dimensions pour des éléments sans importance, comme l’épaisseur du banc sur lequel devait s’asseoir l’ouvrier découpant les carreaux de pavement. Ceci laisse supposer qu’une tuilerie bien réelle a été prise comme exemple, sans que l’on puisse toutefois savoir laquelle. Dans tous les cas, son choix se serait alors manifestement effectué en vertu de son caractère d’installation « modèle » imposante, ne reflétant donc pas la réalité de la grande majorité des tuileries françaises d’alors.

7La Description des arts et métiers dirigée par Duhamel du Monceau en 1763 présentait, elle, un discours nettement plus proche de la pratique de par son origine, mais valable uniquement dans un contexte bien spécifique31. En effet, le volume regroupait les mémoires de deux ingénieurs militaires, à savoir Gallon, ingénieur en chef des fortifications du Havre, et Fourcroy de Ramécourt, ayant œuvré en Flandre et Artois. Ceux-ci avaient en conséquence décrit une production similaire à celle évoquée par Bélidor en 1729 : en plein air (le texte comme les planches ne décrivent quasiment aucune infrastructure), avec des équipes d’ouvriers mobiles, cuisant en une seule fois des centaines de milliers voire un million de briques, alors que les fours maçonnés en usage dans les établissements courants n’atteignaient parfois pas la dizaine de milliers. Les fours décrits par Fourcroy étaient les plus importants, édifiés « en meule » (le four est directement constitué par les briques à cuire, sans aucune autre infrastructure, cf. ill.3) et cuisant au charbon, tandis que ceux de Gallon comportaient un mur de soutien périphérique pour encadrer une même disposition en meule, et cuisaient au bois.

Figure : Vue d’un four à briques en meule en cours de construction.

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Henri-Louis Duhamel Du Monceau, Charles-René Fourcroy de Ramecourt, Jean-Gaffin Gallon, Descriptions des arts et métiers, faites ou approuvées par Messieurs de l'Académie royale des sciences. L'art du tuilier et du briquetier, Paris, Saillant & Nyon, 1763, pl.VIII, détail. Google Books.

8Dans les deux cas, la technique décrite était donc bien réelle, régulièrement identifiée en fouilles archéologiques dans le nord de la France (presque toujours dans le département du Nord, en particulier à Douai)32, mais ne correspondait pas à ce que l’on pouvait attendre d’une tuilerie française typique. Pour tenter de compléter ce tableau manifestement lacunaire, Duhamel du Monceau inséra lui-même en note quelques données sur des tuileries qu’il avait personnellement observé ou s’était fait décrire, situées en Hurepoix (au sud de la région parisienne, au cœur de l’Essonne actuelle) et dans l’Orléanais33, ou encore issues d’une série d’articles relativement confidentiels signés de Vigny, parus dans la décennie 1750 dans le Journal Œconomique34. On notera à propos de ce dernier que quelques autres publications plus tardives dans des journaux à portée locale ou régionale eurent un impact encore plus limité et ne s’intégrèrent pas dans les textes à large diffusion avant au mieux le xixe siècle35. Ainsi, au début du dernier tiers du XVIIIe siècle, l’offre en traités techniques était constituée, dans les grandes lignes, d’une part de l’ensemble des articles de l’Encyclopédie, recopiés de textes plus anciens, parfois d’un demi-siècle, et dans certains cas hors-sujet ou concernant plus l’Angleterre que la France, et d’autre part des deux mémoires de la Description des arts et métiers, avec des textes plus proches de la pratique mais uniquement pour les productions massives en plein air du nord de la France.

9Or, il apparaît que ce matériau technique, ou plutôt celui de la Description (l’Encyclopédie n’ayant en réalité pas été réutilisée comme détaillé ci-dessous), est resté remarquablement stable sur la fin du siècle et jusque dans la décennie 1820, les auteurs ayant conservé cette pratique de réemploi des textes en y apportant très rarement des modifications conséquentes. L’historique de ceux-ci peut être retracé en observant des différences de détail : les « auteurs » successifs avaient en effet pour habitude de moderniser quelque peu l’orthographe, revoir la ponctuation, ou encore retrancher quelques digressions leur paraissant inutiles, modifiant ainsi insensiblement la forme du texte d’une version à l’autre. Le premier réemploi documenté de la Description se trouve dans l’Encyclopédie d’Yverdon, concurrente de l’Encyclopédie « de Paris », éditée en Suisse en 1770, et au contenu moins philosophiquement engagé36. Ses auteurs ont simplement repris le texte de la Description, en remplaçant les références trop franco-françaises par des observations effectuées en Suisse, autour de la ville d’Yverdon37. Six ans plus tard, la Description fut rééditée à Neuchâtel, en y incluant les nouveautés apportées par l’Encyclopédie d’Yverdon, mais également un nouveau mémoire38. En effet, en 1767 s’ajouta un troisième mémoire à ceux de Gallon et Fourcroy, sous forme d’abord de publication séparée : ainsi que Duhamel l’avait déjà annoncé à la fin de la première édition, quoique sans en nommer l’auteur39, Gabriel Jars profita d’un voyage en Hollande pour observer les fours locaux et envoyer un mémoire sur ceux-ci40 (lequel fut repris à l’identique dans ses Voyages métallurgiques41). Or, il s’agissait là de fours très proches de ceux décrits par Gallon, mais cuisant cette fois à la tourbe et non au bois : ce nouveau mémoire entre donc encore moins bien dans la thématique générale que les deux premiers, la tourbe étant peu employée en France quoique non inconnue. Il n’en fut pas moins inclus dans la nouvelle édition de la Description, ainsi qu’un quatrième texte à propos des tuileries suédoises, envoyé par des correspondants de l’Académie de Berlin42. Cette même nouvelle mouture complété fut ensuite reprise dans le Supplément à l’Encyclopédie en 177643, lequel ne complétait pas réellement mais plutôt remplaçait les articles de l’Encyclopédie jugés trop faibles (en particulier celui sur la brique avec les explications embrouillées de de Vandenesse44). Ce fut toujours ce même document qui fut enfin publié dans l’Encyclopédie Panckoucke en 1782, les planches étant pour leur part regravées sans modification importante45. En résumé, cette dernière publication était donc directement issue de la Description des arts et métiers de 1763, via quelques intermédiaires ayant globalement plus appauvri (par des simplifications) ou complexifié (par des ajouts juxtaposés) que réellement enrichi le texte46.

10Cette conclusion est d’autant plus importante que l’Encyclopédie Panckoucke servit elle-même de texte de référence, selon un processus identique, pendant toute la première moitié du XIXe siècle : après une interruption pendant le premier quart du siècle, de nouvelles publications apparurent à partir de 1827, chacune recopiant encore une fois ce même texte47, en y ajoutant éventuellement quelques observations supplémentaires ou des descriptions des machines publiées dans la littérature technique périodique48. Ce phénomène perdura jusqu’au Traité des arts céramiques de Brongniart en 184449, lequel effectua une synthèse des différents types de connaissances disponibles alors, et qui lui-même devint la nouvelle référence recopiée par les nouveaux traités jusqu’au Guide du briquetier de Lejeune en 187050. On peut ainsi constater la persistance de ces textes techniques sur des périodes pouvant atteindre, voire dépasser le siècle, décrivant des situations souvent bien éloignées de la pratique habituelle française, ceci étant principalement dû à une volonté de rassembler et publier des informations au moindre effort de la part de leur rédacteurs.



Notes


1 Séverine Hurard, Yves Roumégoux, Dorothée Chaoui-Derieux, « L'archéologie à l'épreuve de la modernité. De l'opportunisme à la maturité », Les nouvelles de l'archéologie, 137, 2014, p. 3-9.

2 Anne-Françoise Garçon, L'Imaginaire et la pensée technique. Une approche historique, XVIe-XXe siècle, Paris, Classiques Garnier, 2012, p. 25-27.

3 Joseph De Pelet, « Henri Louis Duhamel du Monceau, agronome et savant universel (1700-1782) ou un encyclopédiste au siècle de Diderot », Culture technique, 16, 1986, p. 241.

4 Vannoccio Biringuccio, De la pirotechnia : Libri X. doue ampiamente si tratta non solo di ogni sorte & diuersita di miniere, ma anchora quanto si ricerca intorno à la prattica di quelle cose di quel che si appartiene à l'arte de la fusione ouer gitto de metalli come d'ogni altra cosa simile à questa, Venise, C. Navò, 1540, fol.168, 170 r.

5 Georgius Agricola, De re Metallica Libri XII. Quibus officia, instrumenta, machinæ, ac omnia denique ad Mettalicam spectantia, non modo luculentissime describuntur : sed & per effigies, suis locis infertas, adjunctis Latinis, Germanicisque appellationibus, ita ob oculos ponuntur, ut clarius tradi non possint, Bâle, Froben, 1556, p. 176, 178, 420.

6 Cipriano Piccolpasso, I tre libri dell'arte del vasaio. Nei quali si tratta non solo la pratica, ma brevemente tutti gli secreti di essa cosa che per sino al di' d'oggi e stata sempre tenuta ascosta, Rome, Stabilimento Tipografico, 1857 (manuscrit original v.1557), p. 5-6, 24.

7 Bernard Palissy, Discours admirables de la nature des eaux et fontaines, tant naturelles qu'artificielles, des métaux, des sels et salines, des pierres, des terres, du feu et des émaux, Paris, Martin le Jeune, 1580, p. 122, 256-262, 286.

8 André Félibien, Des principes de l’architecture, de la scrulpture, de la peinture, et des autres arts qui en dépendent. Avec un dictionnaire des Termes propres à chacun de ces Arts, Paris, Jean-Baptiste Coignard, 1676, p. 147, 151, 167.

9 Antoine Furetière, Dictionnaire universel, contenant generalement tous les mots françois tant vieux que modernes, & les Termes de toutes les sciences et des arts, La Haye, Arnoud et Reinier Leers, 1690, 3 vol.

10 Jacques Savary Des Brûlons, Dictionnaire universel de commerce, contenant tout ce qui concerne le commerce qui se fait dans les quatre parties du monde..., Paris, Jacques Estienne, 1723, vol.1, p. 473, 555 ; vol.2, p. 1829-1830, 1833-1834.

11 Bernard Bélidor, Dictionnaire portatif de l'ingénieur, où l'on explique les principaux termes des Sciences les plus nécessaires à un Ingénieurs, sçavoir : l'arithmétique, l'algèbre, la géométrie, l'architecture civile, la charpenterie, la serrurerie, l'architecture hydraulique, l'architecture militaire, la fortification, l'attaque et la défense des places, les mines, l'artillerie, la marine, la pyrotechnie, Paris, Charles-Antoine Jombert, 1755, p. 43-44, 325.

12 Bernard Bélidor, La science des ingénieurs dans la conduite des travaux de fortification et d'architecture civile [1729] La Haye, Pierre Gosse Junior, 1754, livre III, p. 25-27.

13 Denis Diderot, Jean D'Alembert (dir.), Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, Paris, Le Breton, 1751-1765, 17 vol.

14 Ibid., 1765, t.16, p. 738-739.

15 Alain Cernuschi, « La Cyclopædia, un intermédiaire entre les Mémoires de l'Académie des sciences et l'Encyclopédie », Recherches sur Diderot et sur l'Encyclopédie, 45, 2010, p. 131-145.

16 Ephraïm Chambers, Cyclopædia, or An Universal Dictionary of Arts and Sciences, London, James and John Knapton..., 1728, 2 vol.

17 D. Diderot, J. D'Alembert (dir.), op. cit., 1765, t.16, p. 740.

18 Ibid., 1751, t.2, p. 421-423.

19 William Leyburn, « Compendium of the Art of building », dans Vincent Scamozzi, The Mirror of Architecture: or, The ground-rules of the art of building, London, J. and B. Sprint, 1700, p. 63-67 ; Richard Neve, The city and countrey purchaser, and builder's dictionary: or, The compleat builder's guide, London, J. Sprint, 1703, p. 36-55 ; James Campbell, Andrew Saint, « A Bibliography of Works on Brick published in England before 1750 », Construction History, 17, 2001, p. 17-30.

20 Les éditions informatisées de l'Encyclopédie offrant une possibilité de recherche par auteur (ou signature, celle de de Vandenesse étant le N) permettent d'en obtenir aisément la liste ; Anne-Marie Chouillet, « Du bon usage des signature dans l'Encyclopédie », Recherches sur Diderot et sur l'Encyclopédie, vol.3 no 1, 1987, p. 156-160.

21 Au contraire du reste de l'article, la description de la chaîne opératoire est présentée sous forme de recette, avec une liste d'étapes à suivre énoncées à la deuxième personne. Ne se retrouvant nulle part dans la littérature antérieure, on peut donc supposer qu'il s'agit de la paraphrase d'une explication orale donnée par un informateur direct.

22 J. Savary Des Brûlons, op. cit., vol.2, p. 1834 ; D. Diderot, J. D'Alembert (dir.), op. cit., 1765, t.16, p. 767.

23 Georges-Louis Buffon, Louis-Jean-Marie Daubenton, Histoire naturelle générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roy. Tome 1, Paris, Imprimerie royale, 1749, p. 259-265 ; D. Diderot, J. D'Alembert (dir.), op. cit., 1751, t.1, p. 645-647.

24 Sébastien Truchet, « Mémoire sur les combinaisons », Histoire de l'Académie royale des Sciences, 1704, p. 363-373 ; D. Diderot, J. D'Alembert (dir.), op. cit., 1751, t.2, p. 699-702.

25 Denis Diderot, Jean D'Alembert (dir.), Recueil de planches, sur les sciences, les arts libéraux et les arts méchaniques, avec leur explication, Paris, Le Breton, 1762-1772, 11 vol.

26 Ibid., 1762, vol.1, s.p. [« Architecture »]

27 Le four présenté dans l'Encyclopédie se présente sous la forme habituelle d'un volume maçonné, partiellement enterré, comprenant dans sa partie inférieure un foyer constitué de plusieurs couloirs de chauffe desservis par un alandier donnant sur l'extérieur, et dans sa partie supérieure du laboratoire, les deux étant séparée par la sole surplombant les couloirs de chauffe et percée de manière à laisser passer les gaz chauds. La particularité de celui-ci est de posséder trois couloirs de chauffe et un laboratoire d'environ cinq mètres de côté, là où la plupart des fours du XVIIIe siècle (et de l'époque moderne en général) présentaient le plus souvent deux couloirs de chauffe et dépassaient rarement 4 mètres de côté. Même au XIXe siècle, les laboratoires étaient certes légèrement plus imposants mais n'atteignaient souvent toujours pas cinq mètres de côté. -Archives départementales de Côte-d’Or, E541-septiès : Clermont. Comté de Saulon. Seigneurie de Fénay. Plans de la tuilerie, 1793 ; Daniel Dufournier, Anne-Marie Flambard-Héricher, « Un four de briquetier du XVIIIe siècle à Lignou-de-Briouze (Orne) », Revue archéologique de l'Ouest, 9, 1992, p. 179-186 ; Jean-Luc Mordefroid, « Les chartreux franc-comptois et la terre cuite au XVIIIe siècle. Approche historique et archéologique des ateliers de potiers et des tuileries-briqueteries de Nermier, Bon-Lieu et La Frasnée », Travaux de la Société d'émulation du Jura, 1995, p. 73-118 ; Caroline Claude, Ferrières-en-Brie – Seine-et-Marne (77). D.F.S. de fouille préventive, 18/12/1995 – 31/01/1996. ZAC des Hauts de Ferrières, s.l. [Saint-Denis], D.R.A.C. Île de France, 1996, 57 p. ; Nathalie Paccard (dir.), Ferrières-en-Brie (Seine-et-Marne, 77). Document final de synthèse, secteur III de Marne-la-Vallée. Z.A.C. des Hauts de Ferrières (5e Tranche), Saint-Denis, SRA, 1998, 2 vol. ; Amaury Masquilier, « Laudrefang. Les 4 Vents, Vieille Tuilerie, mise à 2 x 2 voies de la côte des Quatre Vents », Bilan Scientifique Régional Lorraine, 2003, p. 69-71 ; Collectif, « Chronique des fouilles médiévales en France en 2009. Grisolles (Aisne), L'Arc à Dieu, La Tuilerie », Archéologie médiévale, 40, 2010, p. 317 ; Julien Ollivier, « Les sépultures de l'ENSEEIHT à Toulouse (Haute-Garonne) », Archéologie du Midi médiéval, 28, 2010, p. 335-341 ; Collectif, « Chronique des fouilles médiévales en France en 2010. Laval (Mayenne), La Louisière », Archéologie médiévale, 41, 2011, p. 338 ; Pierre Pisani, Magali Cabarrou, « Des fours de tuilier-briquetier d'époque moderne à Fonneuve : observations archéologiques et restitution architecturale », Archéologie du Midi médiéval, 29, 2011, p. 305-317.

28 Archives Nationales, MC/ET XXIV 328 : Jean II Chapellain, minutes, janvier-avril 1630 ; Marché pour la construction d'une tuilerie à Fresnes, par Guillaume Baude, marchand tuilier demeurant à Athis sur Orge, à Nicolas Mennessier représentant Pierre Brulart, seigneur de Fresnes, 21 mars – 20 avril 1630 ; Archives nationales, MC/ET XCIII 260 : Georges Victor de Mautort, minutes, brumaire-vendémiaire an XIII ; Vente à réméré du domaine de Taupaux et de la tuilerie de Voidoux par François Drouaillet, propriétaire, à Antoine Richard Monjoyeux, agent de change, 21 brumaire an XIII (12 novembre 1804) ; Odette Chapelot, « Les tuileries ducales en Bourgogne (14e-15e s.). L'apport des textes à la connaissance des bâtiments », dans Didier Derœux (éd.), Terres cuites architecturales au Moyen Âge. Musée de Saint-Omer, colloque du 7-9 juin 1985, Arras, Commission départementale d'histoire et d'archéologie du Pas-de-Calais, 1986, p. 23-32.

29 Jacques Boissière, Tuileries et tuiliers de Lot-et-Garonne, Monflanquin, Maison de la vie rurale, 1989, p. 38.

30 La briqueterie de Montevray était décrite par son propriétaire Léon de Buzonnière au milieu du XIXe siècle comme possédant de telles installations pour le moulage. De plus, des photographies effectuées en 1938 à l'occasion d'une enquête sur les Arts et traditions populaires de la Sologne montrent la halle maçonnée ainsi que le stockage des tuiles en « tours ». Cette briqueterie a été édifiée dans la décennie 1840 et il ne saurait donc s’agir du modèle ayant servi pour les planches de l’Encyclopédie. Il ne serait par contre pas impossible que ce modèle, toujours inconnu, réponde d’une culture technique proche et soit alors solognot. Cependant, comme le montre l’exemple de Barou-en-Auge en Normandie, de telles halles pouvaient également se rencontrer en-dehors de cette région au XIXe siècle. Philippe Bernouis, Daniel Dufournier, Yannick Lecherbonnier, Céramique architecturale en Basse-Normandie. La production de briques et de tuiles, XIXe-XXe siècles, Cabourg, Cahiers du Temps, 2006, p. 90 ; Frédéric Auger, Joël Lépine, « Evolution et fonctionnement d'une briqueterie de Sologne aux XIXe et XXe siècles : Montevray à Nouan-le-Fuzelier (Loir-et-Cher) », dans Bernard Heude (dir.), Les briqueteries-tuileries de Sologne. Cher, Loir-et-Cher, Loiret. Histoires d'hommes et d'établissements qui ont fait de la Sologne un pays de briques, Lamotte-Beuvron, Groupe de Recherches Archéologiques et Historiques de Sologne, 2012, p. 33-41.

31 Henri-Louis Duhamel Du Monceau, Charles-René Fourcroy de Ramecourt, Jean-Gaffin Gallon, Descriptions des arts et métiers, faites ou approuvées par Messieurs de l'Académie royale des sciences. L'art du tuilier et du briquetier, Paris, Saillant & Nyon, 1763, 67 p.

32 Collectif, « Chronique des fouilles médiévales. Puy-de-Dôme, Villeneuve-les-Cerfs, Beauverger », Archéologie médiévale, 9, 1979, p. 151 ; Collectif, « Chronique des fouilles médiévales. Seclin (Nord) », Archéologie médiévale, 17, 1987, p. 276 ; Étienne Louis, « Douai. Arsenal (1994) », Bilan Scientifique Régional Nord-Pas-de-Calais, 1995, p. 31 ; Jean-Michel Willot, « Douai. Arsenal », Bilan Scientifique Régional Nord-Pas-de-Calais, 1995, p. 31-32 ; José Barbieux, « Tourcoing. Couvent des Récollets », Bilan Scientifique Régional Nord-Pas-de-Calais, 1996, p. 49-50 ; Collectif, « Chronique des fouilles médiévales en France. Douai (Nord), Ancien arsenal », Archéologie médiévale, 26, 1996, p. 346 ; Marie-Christine Cerruti-Déroff (éd.), Annuaire des opérations de terrain en milieu urbain 1997, Tours, Centre national d'archéologie urbaine, 1998, 194 p. ; José Barbieux, Freddy Thuillier, « Fours à briques du XVIIe siècle à Tourcoing (Nord) », Revue du Nord, 333, 1999, p. 163-176 ; Marie-Christine Cerruti-Déroff (éd.), Annuaire des opérations de terrain en milieu urbain 1999, Tours, Centre national d'archéologie urbaine, 2000, 192 p. ; Christophe Hosdez, « Saint-Quentin. 27 rue du Docteur Cordier », Bilan Scientifique Régional Picardie, 2007, p. 39-40 ; Sébastien Lefèvre, « Beauvais. 18, rue de la Trépinière », Bilan Scientifique Régional Picardie, 2007, p. 69 ; Florence Journot, Gilles Bellan (dir.), Archéologie de la France moderne et contemporaine, Paris, La Découverte, 2011, p. 75-76 ; Benoit Leriche, « Samer. Route de Desvres », Bilan Scientifique Régional Nord-Pas-de-Calais, 2011, p. 182-183 ; Collectif, « Chronique des fouilles médiévales en France en 2011. Douai (Nord), RD 917, « Frais-Marais » », Archéologie médiévale, 42, 2012, p. 357-358 ; Freddy Thuillier, « Le four à briques en meule d'époque moderne de Bruille-lez-Marchiennes (Nord) », Revue du Nord, hors-série no 17, 2012, p. 467-476 ; Stéphane Vénet, « Douai. Frais marais », Bilan Scientifique Régional Nord-Pas-de-Calais, 2012, p. 44-46.

33 Duhamel du Monceau explicite directement ce point en introduction du volume ; H.-L. Duhamel Du Monceau, C.-R. Fourcroy de Ramecourt, J.-G.Gallon, D. Diderot, J. D'Alembert (dir.), op. cit., p. 2.

34 Si les mémoires des années 1758-1759 sont anonymes, ils constituent toutefois une seule entitée, dont l'auteur indique avoir également publié l'article de 1752, ce qui identifie donc l'ensemble comme étant dû à de Vigny. Pierre De Vigny, « Four à brique », Journal Œconomique ou Memoires, notes et avis sur l'Agriculture, les Arts, le Commerce, & tout ce qui peut y avoir rapport, ainsi qu'à la conservation & à l'augmentation des Biens des Familles, &c., septembre 1752, Paris, Antoine Boudet, p. 89-109 ; Anonyme, « Observations sur les manufactures de produits de terre », Journal Œconomique ou Memoires, notes et avis sur l'Agriculture, les Arts, le Commerce, & tout ce qui peut y avoir rapport, ainsi qu'à la conservation & à l'augmentation des Biens des Familles, &c., septembre 1758, Paris, Antoine Boudet, p. 351-353 ; Anonyme, « Mémoire sur la tuile », Journal Œconomique ou Memoires, notes et avis sur l'Agriculture, les Arts, le Commerce, & tout ce qui peut y avoir rapport, ainsi qu'à la conservation & à l'augmentation des Biens des Familles, &c., septembre 1758, Paris, Antoine Boudet, p. 400-406 ; Anonyme, « Mémoire sur la Brique où l'on expose les défauts de la maniere dont on la fait ordinairement, & où l'on donne la meilleure méthode de la fabriquer », Journal Œconomique ou Memoires, notes et avis sur l'Agriculture, les Arts, le Commerce, & tout ce qui peut y avoir rapport, ainsi qu'à la conservation & à l'augmentation des Biens des Familles, &c., novembre 1758, Paris, Antoine Boudet, p. 505-510 ; Anonyme, « Mémoire sur la maniere de bien cuire la Brique & autres ouvrages de Tuilerie », Journal Œconomique ou Memoires, notes et avis sur l'Agriculture, les Arts, le Commerce, & tout ce qui peut y avoir rapport, ainsi qu'à la conservation & à l'augmentation des Biens des Familles, &c., février 1759, Paris, Antoine Boudet, p. 68-75 ; Anonyme, « Mémoire sur les Fours à Brique », Journal Œconomique ou Memoires, notes et avis sur l'Agriculture, les Arts, le Commerce, & tout ce qui peut y avoir rapport, ainsi qu'à la conservation & à l'augmentation des Biens des Familles, &c., mars 1759, Paris, Antoine Boudet, p. 116-121.

35 Les deux textes de Racle, protégé de Voltaire, ont été envoyés à la Société d'émulation de Bourg-en-Bresse à l'époque de la révolution française, et nous sont connus par des copies manuscrites du milieu du XIXe siècle conservées à la bibliothèque de la Manufacture de Sèvres. Droz, « Mémoire sur la manière de perfectionner les tuileries », Mémoires et observations recueillies par la Société Œconomique de Berne, 1765, p. 281-322 ; De La Tour d'Aigues, « Observations sur les Moyens de diminuer les dangers des Incendies dans les bâtimens des fermes », Mémoires d'agriculture, d'économie rurale et domestique, automne 1787, p. 76-80 ; De La Tour d'Aigues, « Description d'un four, dans lequel on peut cuire des briques, des tuiles, & toutes sortes de poterie très-économiquement », Mémoires d'agriculture, d'économie rurale et domestique, hiver 1787, p. 1-8 ; Léonard Racle, Atlas de l'Art du Tuilier et du Briquetier, manuscrit, s.d. (copie 1860), 50 p. ; Léonard Racle, Réflexions sur l'art de la terre cuite, soumise à la Société d'émulation de Bourg-en-Bresse, manuscrit, s.d., 45 p.

36 Kathleen Doig, Clorinda Donato, « Notices sur les auteurs des quarante-huit volumes de « discours » de l'Encyclopédie d'Yverdon », Recherches sur Diderot et sur l'Encyclopédie, vol.11 no 1, 1991, p. 133-141 ; Alain Cernuschi, « L’ABC de l’Encyclopédie d’Yverdon ou la refonte encyclopédique de F.-B. De Felice à la lumière de ses lettres de 1771 », Recherches sur Diderot et sur l'Encyclopédie, 49, 2014, p. 123-143.

37 Fortunato Bartolomeo De Felice (dir.), Encyclopédie, ou dictionnaire universel raisonné des connoissances humaines, Yverdon, s.n., 1770-1780, t.3, p. 496-502 ; t.6, p. 370-403 ; t.7, p. 616-621 ; t.34, p. 722-726 ; t.41, p. 526-531, 590-591.

38 Henri-Louis Duhamel Du Monceau, Charles-René Fourcroy de Ramecourt, Jean-Gaffin Gallon & alii, Descriptions des arts et métiers, faites ou approuvées par Messieurs de l'Académie royale des sciences de Paris. Tome IV. L'art du tuilier & du briquetier, l'art de tirer des carrières la pierre d'ardoise, de la fendre de la tailler, l'art du couvreur, l'art du chaufournier, l'art de faire le papier, l'art du cartonnier, et l'art du cartier [1763], Neuchâtel, Imprimerie de la Société Typographique, 1776, 658 p.

39 H.-L. Duhamel Du Monceau, C.-R. Fourcroy de Ramecourt, J.-G.Gallon, D. Diderot, J. D'Alembert (dir.), op. cit., 1763, p. 55.

40 Antoine-Gabriel Jars, Art de fabriquer la brique et la tuile en Hollande et de les faire cuire avec la tourbe, pour servir de suite à l'art du tuilier et du briquetier, Paris, Delatour, 1767, 11 p.

41 Antoine-Gabriel Jars, Voyages métallurgiques, ou recherches et observations sur les mines de cuivre, celles de calamine, & la fabrication du laiton ; les mines d'étain, les monnoies ; les mines & fabriques d'alun ; celles de soufre & de vitriol ; les mines de sel, & les salines ; les poteries, les pipes, les briques & les tuiles, faites en 1758, 1765, jusques & compris 1769, en Allemagne, en Suede, Angleterre, Norvege, Tirol, Liege, & en Hollande ; suivies d'une notice de la jurisprudence des mines de Saxe, de celle du Comté de Mansfeld, du Hartz & d'Angleterre. Tome troisième, Paris, Didot jeune, 1781, p. 373-384.

42 H.-L. Duhamel Du Monceau, C.-R. Fourcroy de Ramecourt, J.-G.Gallon, D. Diderot, J. D'Alembert & alii, op. cit., p. 88-147.

43 Jean-Baptiste Robinet (dir.), Supplément à l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, Amsterdam, Rey, 1776-1777, vol.2, p. 54-70.

44 D'après les éditeurs du Supplément, la brique aurait été décrite « beaucoup trop succinctement » dans l'article originel ; Ibid., vol.2, p. 54.

45 Charles-Joseph Panckoucke (dir.), Encyclopédie méthodique. Tome premier, Paris, Panckoucke, 1782, p. 301-336 ; Charles-Joseph Panckoucke (dir.), Recueil de planches de l'Encyclopédie, par ordre des matières. Tome premier, Paris, Panckoucke, 1783, s.p.

46 Parallèlement, un certain nombre de dictionnaires reprirent régulièrement les données de ces publications principales, en les synthétisant sans apporter de matière supplémentaire : Noël Chomel, Dictionnaire œconomique : contenant l'art de faire valoir les terres et de mettre à profit les endroits les plus stériles[1709], Paris, Ganeau, 1767, 3 vol. ; Philippe Macquer, Dictionnaire portatif des arts et métiers : contenant en abrégé l'histoire, la description & la police des arts et métiers, des fabriques et manufactures de France & des pays étrangers, Amsterdam, Arkstée & Merkus, 1767, 3 vol. ; Jaubert, Dictionnaire raisonné universel de arts et métiers, contenant l'histoire, la description, la police des fabriques et manufactures de France & des Pays Etrangers, Paris, Didot jeune, 1773, 4 vol. ; Henri-Gabriel Duchesne, Dictionnaire de l'industrie, ou collection raisonnée des procédés utiles dans les sciences et dans les arts, Paris, Lacombe, 1776, 3 vol.

47 M. Boyer, Manuel du porcelainier, du faïencier et du potier de terre ; suivi de l'art de fabriquer les terres anglaises et de pipe, ainsi que les poêles, les pipes, les carreaux, les briques et les tuiles, Paris, Roret, 1827, 2 vol. ; Jean-François Clere, Essai pratique sur l'art du briquetier au charbon de terre d'après les procédés en usage dans le département du Nord et de la Belgique, Paris, Carilian-Goeury, 1828, 188 p. ; Edmond Pelouze, Art du briquetier, chaufournier et charbonnier, comprenant la fabrication du vinaigre de bois, Paris, Malher et compagnie, 1828, 421 p. ; François Bastenaire-Daudenart, L'art de fabriquer les poteries communes usuelles, les grès fins et grossiers, les creusets, les carreaux, les tuiles, les briques ordinaires et réfractaires, Paris, Librairie pour l'Art Militaire, les Sciences et les Arts, 1835, 560 p.

48 À titre d'exemple, nous donnons la liste des articles liés à la terre cuite architecturale parus dans le Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale jusqu'à la publication du premier de ces traités, en 1827. Nous excluons une dizaine d'articles, souvent très réduits, qui concernent les annonces des concours et de leurs résultats, ainsi que les comptes-rendus des séances du Conseil d'Administration : Anonyme, « Sur les fours à briques et à tuiles employés en Hollande », Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale, t.5 no 26, août 1806, p. 15-18 ; Anonyme, « Machine pour fabriquer les Briques », Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale, t.7 no 44, février 1808, p. 85-86 ; De Grave, « Rapport sur les Mitres en terre cuite de M. Fougerolles, demeurant à Paris, rue de la Vieille-Draperie, N°.8 », Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale, t.7 no 46, avril 1808, p. 97-101 ; M. Molard, « Sur les incendies », Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale, t.8 no 55, janvier 1809, p. 36-40 ; Anonyme, « Briques nouvelles », Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale, t.8 no 61, juillet 1809, p. 193-195 ; Terras, Archias, « Description d'un Four à briques inventé par M. Bonnet, faïencier à Apt, département de Vaucluse », Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale, t.10 no 81, mars 1811, p. 65-69 ; Anonyme, « Description d'une Machine propre à fabriquer des Briques, Tuiles, Corniches, Tuyaux et autres ouvrages en terre cuite, inventée par M. Hattenberg, conseiller au service de S. M. l'Empereur de Russie », Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale, t.12 no 103, janvier 1813, p. 173-176 ; Anonyme, « Description d'une autre Machine employée en Angleterre pour la fabrication des mêmes produits », Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale, t.12 no 103, janvier 1813, p. 177-179 ; Anonyme, « Notice sur des moyens d'employer utilement la flamme perdue des hauts fourneaux, des foyers de forges, etc. », Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale, t.13 no 126, décembre 1814, p. 285-289 ; Anonyme, « Description d'une machine à fabriquer les briques, employée près de Washington, aux États-Unis d'Amérique », Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale, t.18 no 186, décembre 1819, p. 361-366 ; Anonyme, « Industrie étrangère. Aperçu des découvertes les plus récentes faites en Allemagne et dans les pays limitrophes », Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale, t.21 no 219, septembre 1822, p. 289-294 ; Anonyme, « Description d'une machine destinée à découper et comprimer les briques, carreaux, tuiles et toute espèce de poterie », Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale, t.26 no 280, octobre 1827, p. 348-351 ; Léonor Mérimée, « Rapport sur les poteries de M. Laujorrois », Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale, t.21 no 212, février 1822, p. 53-55 ; Anonyme, « Industrie étrangère. Aperçu des découvertes les plus récentes faites en Allemagne et dans les pays limitrophes », Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale, t.21 no 219, septembre 1822, p. 289-294 ; Bouriat, « Rapport sur les tuyaux de cheminée de M. Gourlier », Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale, t.23 no 240, juin 1824, p. 173-176 ; Chaumette, « Procédé de Fabrication des tuiles, des carreaux et d'autres ouvrages en terre cuite », Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale, t.25 no 261, mars 1826, p. 88 ; Anonyme, « Description d'une machine destinée à découper et comprimer les briques, carreaux, tuiles et toute espèce de poterie », Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale, t.26 no 280, octobre 1827, p. 348-351.

49 Alexandre Brongniart, Traité des arts céramiques ou des poteries considérées dans leur histoire, leur pratique et leur théorie, Paris, Béchet Jeune, 1844, 3 vol.

50 M. Boyer, Nouveau manuel complet du porcelainier, du faïencier, du potier de terre, du briquetier, du tuilier, contenant des notions pratiques sur la fabrication des porcelaines, faïences, pipes, poêles, briques, tuiles et carreaux, Paris, Roret, 1846, 2 vol. ; F. Challeton De Brughat, L'art du briquetier, Paris, Librairie scientifique, industrielle et agricole E. Lacroix, 1861, 2 vol. ; François Malepeyre, Nouveau manuel complet du briquetier tuilier, fabricant de carreaux et de tuyaux de drainage, contenant les procédés de fabrication, la description d'un grand nombre de machines, fours et appareils usités dans ces industries, Paris, Roret, 1864, 2 vol. ; Émile Lejeune, Guide du briquetier, du fabricant de tuiles, carreaux, tuyaux et autres produits en terre cuite, suivi du Guide du chaufournier et du plâtrier, Paris, Librairie du Dictionnaire des arts et Manufactures, 1870, 612 p.


Citer ce document


Cyril Lacheze, «La production de terre cuite architecturale dans les ouvrages encyclopédiques : constitution et itinéraires de savoirs technicisés», Carnets du LARHRA [En ligne], n° 2017/2018-1 | Étudier les sources des savoirs à l'époque moderne,publié le : 19/09/2019,URL : http://revues.univ-lyon3.fr/larhra/index.php?id=297.

Auteur


Auteur Cyril Lacheze

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

cyril.lacheze@univ-paris1.fr